Les insurgés n'ont pas d'unité géographique ou politique.
Mais ces hommes et femmes partagent les mêmes conditions de vie. Ils vivent en milieu rural et sont tous très attachés à leur religion. Ils avaient les mêmes attentes au début de la révolution mais les mois passent et apportent leur lot de désillusions. S'ils se soulèvent ensemble c'est parce qu'ils partagent les mêmes idées et les mêmes valeurs.  



LES TITRES
Les 4 départements de la Vendée militaire
La géographie
Qui sont ces insurgés ?
Une armée d'un genre inédit !
Les trois armées de la Vendée 
L'organisation de l'armée d'Anjou

 



La Vendée militaire s' étend sur 4 départements, elle couvre plus de 10 000 km² et 800 000 âmes.

Elle comporte :
x  le nord de la Vendée
x  le nord des Deux-Sèvres
x  le sud du Maine et Loire (rive gauche de la Loire)
x  le sud de la Loire-Atlantique (rive gauche de la Loire)

Elle est délimitée par :
x  la Loire au nord
x  les Pont-de-Cé au nord est
x  Thouars à l'est
x  Fontenay le Comte au sud est
x  les Sables d'Olonnes        au sud ouest

  



La géographie du pays insurgé, souvent "hostile" à ceux qui la connaisse mal, a joué un rôle important pendant les guerres de Vendée. 
Les Vendéens, sur leur sol, s'en sont servis à bon escient. Leurs généraux ont adapté leur tactique militaire pour tirer partie de cette hostilité et en ont souvent retiré un grand avantage pendant les combats. 
La Vendée militaire peut se divisée en 3 pays : 
     - le bocage
     - le marais
     - le pays de Retz
  
 
x   Le bocage et les Mauges
Il englobe les parties insurgées du Maine & Loire, des Deux-Sèvres et l'intérieur des terres de la Vendée. C'est la partie la plus importante de la Vendée militaire.
Le paysage de l'époque est très différent de celui d'aujourd'hui. Il est composé de bois, de bosquets, d'épaisses haies. Il est traversé par des chemins creux qui sont le plus souvent impraticables. Il n'y a pas beaucoup de routes qui traversent la région. C'est un terrain hostile qui n'offre aucune visibilité et dans lequel on peut se cacher pour surgir et attaquer l'adversaire par surprise. On peut de même aisément se replier et ne plus rester la cible de l'adversaire.
Les insurgés vont souvent employer cette stratégie. 
 
x  Le marais
Il correspond aux terres côtières.
Le sol y est plat et dénué de végétation. Les terres sont parcourues d', rendant les déplacement très délicats. Les autochtones se déplacent à l'intérieur de ces canaux à bord de et les franchissent à l'aide de longues perches. 
Les maraîchins beaucoup plus hardis dans leurs déplacements sauront en tirer profit contre l'ennemi.
 
x  le pays de Retz
Il correspond à la partie insurgée de la Loire-Atlantique. Moins typé, le terrain y est dégagé et peu hostile.
 


x   Leur répartition géographique : ils habitent la campagne.
Les insurgés sont principalement issus du monde rural. Ils vivent dans des fermes ou des hameaux. Ils sont loin de la ville et n'y vont que les jours de foire.
Les villes sont beaucoup plus ouvertes aux nouvelles idées et donc acquises à la cause révolutionnaire.
 
x   Leur métier : ils sont paysans ou artisans.
Les insurgés sont des hommes de tout âge, le plus souvent paysans ou artisans. Mais ont trouve aussi dans leurs rangs quelques chouans et quelques déserteurs de l'armée républicaine.
 
x   Leur caractère : austère et pieux
Ils vivent modestement de leur travail.
Ils sont très attachés à leur terre et aux traditions. Ils sont d'une nature rustique, assez dure et vivent de peu dans l'austérité.  
Ils sont pieux et très attachés à leur curé.
 
x   Leurs chefs :  ce sont souvent d'anciens militaires aristocrates.
Les chefs vendéens sont le plus souvent des aristocrates qui ont par le passé servi dans l'armée royale. Ce sont les paysans qui dans la majorité des cas viennent les solliciter, non pour leur titre de noblesse mais pour leur connaissance de la guerre. Quelques roturiers se hissent aussi aux plus hauts postes (le plus connu n'étant pas le moindre, puisqu'il s'agit du premier généralissime Cathelineau).
 
x   Les femmes: elle  participent aussi à leur façon à la guerre.
Peu de femmes combattent au sein des armées. Elles n'en participent pas moins à l'effort de guerre. Certaines sont messagères pour les armées vendéennes, d'autres soignent dans les hôpitaux de campagne. Et toutes remplacent leurs maris lorsque ceux-ci quittent leurs terres ou leurs ateliers pour aller au combat.


 



x   Une armée d'un nouveau genre. 
Les insurgés peuvent -ils être considéré comme une armée ? Les républicains les ont qualifiés de brigands, adjectif méprisant 
Les insurgés en mars 1793 regroupés en petits groupes agissent sans concertation ni stratégie. Leur principal objectif est de mettre en fuite les républicains, et pas toujours avec la manière...
Un mois plus tard, ils sont de plus en plus nombreux. Pour réussir à tenir tête aux Républicains, il leur faut s'organiser, mettre en place une stratégie et ramener un peu de discipline dans leur rangs. Cela, les chefs de l'armée Catholique et Royale, pour la plupart d'anciens militaires, en sont bien conscient. Ils inventent une organisation peu orthodoxe, mais bien adaptée à la vie de leurs soldats : des paysans et artisans. Dès lors, on peut parler d'armée d'Anjou.
La situation est différente dans le pays de Retz, plusieurs bandes cohabitent sans réelle organisation, ni stratégie commune. C'est Charette qui en prenant le commandement de ces groupes en fera une armée de la guérilla.
 
x  Les uniformes
Il y en a peu. Dans l'immense majorité, les paysans sont habillés avec leurs vêtement de tous les jours :  
   -   un chapeau rond à bords rabattus  
   -  une chemise de flanelle sous une veste ronde pour le maraîchin 
une chemise de serge grise sou une veste bleue pour le bocain
   -  un sacré coeur rouge cousu sur le revers de sa veste
   -  une large culotte que tient une  ceinture de coton rouge  et des guêtres pour le maraîchin
une culotte de serge grise pour le bocain 
   -  des sabots
 Seuls les hommes de Bonchamps portent l'uniforme. les officiers en portent un vert, celui des soldats est gris.  
 
x Les armes
Les insurgés avaient peu d'armes au début de la guerre. Il n'avaient pour se battre que les "armes" du quotidien :
   -  quelques fusils de chasse et encore moins de  fusils de guerre. 
   -  des faux emmanchées à l'envers 
   -  des piques et sabres 

Les bleus vont être les principaux fournisseurs de l'armée vendéenne. Toute l'artillerie vendéenne proviendra  des armées de la république!  Les insurgés vont utiliser les armes qu'ils prennent à l'adversaire sur le champ des batailles victorieuses : canons, poudres, fusils ... Ce n'est pas moins de 200 canons, 500 caissons et 80 000 fusils que les vendéens se procurent ainsi. 

L'armée vendéenne dispose d'une petite cavalerie.
Avec là encore les moyens du bord et sans ostentation,  les vendéens constituent une petite cavalerie. Les chevaux sont ceux des paysans: de simples chevaux de trait. Les cavaliers (souvent paysans ou meuniers) montent en sabots, avec pour toute selle des bâts. Ils utilisent  en lieu et place des étriers de simples cordes.   

  

 


   LES 3 ARMÉES DE LA VENDÉE

Les insurgés ne forment pas une, 
mais trois armées.


x
  l'armée d'Anjou
x  l'armée du Centre
x  l'armée du Marais


x   l'armée d'Anjou (Catholique et Royale)

Elle comprend l'Anjou et le Haut-Poitou. Forte de 40 000 hommes, il y aura à sa tête de nombreux généraux, conjointement ou successivement (l'espérance de vie d'un général n'excédant pas un an !)
      Autichamp
      Bonchamps
      Cathelineau
      d'Elbée
      La Rochejaquelein
      Lescure
      Marigny
      Stofflet
       

x   l'armée du centre

L'armée du centre, forte de 10 000 hommes était, comme son nom l'indique, au centre de la Vendée. Elle regroupait les cantons de Pouzauges, Mortagne, les Herbiers, Montaigu, les Essarts, Saint Fulgent et Chantonnay.
L'armée du centre a eu trois généraux.
Sapinaud de la Verrie
      Sapinaud de la Rairie
      Royrand
       

x   l'armée du marais

Elle est implantée sur le pays de Retz et le Bas-Poitou. Forte de ses 15 000 hommes, elle ne se joignit que très rarement au reste des troupes insurgées. A sa tête, il y eu plusieurs hommes, dont le plus grand, le leader emblématique mènera séparément son combat.
      Charette
       



 

D'Elbée et Bonchamps mettent en place dès avril 1793 l'organisation qui fonctionnera jusqu'à la Virée de Galerne

 

x  Organisation

L'armée est découpée en compagnies. Chaque compagnie correspond à une paroisse, avec à sa tête un capitaine. C'est lui qui au son du tocsin regroupe les hommes. Les compagnies regroupées forment une division que commande un général.
Tous ces hommes, malgré leur manque de discipline, forment une véritable armée. Elle n'est pas très conventionnelle, mais s'adapte à la vie des paysans. Ainsi, après plusieurs jours de combats, les hommes rentrent immanquablement chez eux retrouver leur foyer et leur travail. Et leur capitaine, au son du tocsin les rappelle à chaque nouvelle bataille...

x  Ordre de bataille

En 1ère ligne, on met les hommes qui connaissent le mieux le terrain : les gardes chasses, braconniers et faux sauniers. Ils ont l'habitude de se cacher et de s'orienter dans les bois et genêts.
En second, viennent les officiers et les troupes armées de fusils.
Ensuite viennent les hommes armés de sabres, faux ... En retrait, ils sont prêts à venir en renfort à la seconde ligne.

x  Stratégie

Les Vendéens ont l'avantage de recevoir chez eux (!). La connaissance du terrain est leur meilleur atout. Dans le bocage, chaque parcelle de terre, chaque chemin, est entouré d'épaisses haies. L'ennemi n'a aucune visibilité. Il n'y a pas de route droite, tout au mieux des chemins étroits, qui à chaque virage peuvent se transformer en coupe gorge.
Les Vendéens vont habilement utiliser cet avantage. Ils se massent derrière les haies et attaquent par surprise. Au signal, munis de faux retournées ou de fusils, il se ruent sur les troupes adverses et les encerclent. Si la victoire leur sourit, alors ils déciment l'adversaire, et dans le cas contraire, ils se dispersent dans cette nature, hostile à qui ne la connaît pas. Ainsi, ils limitent les morts.