Charette est de tous les grands chefs Vendéen, le plus connu. Il est l'un des derniers à avoir résisté aux républicains pendant ce 1er soulèvement vendéen. Il doit sa notoriété à sa bravoure et à ses faits de guerre bien-sûr, mais aussi à ces hagiographes qui ont transformé son histoire jusqu'à en faire un héros de grand panache, sans tâche.
Il est bien difficile de démêler le faux du vrai ; ce personnage controversé était très différent de ses acolytes vendéens. Il aimait la fête et les femmes, se montrait parfois d'une grande cruauté, ce qui le distinguait des grands généraux angevins. Traité avec dédain par ces mêmes angevins, il mène son combat dans les marais seul, mais pourtant avec un succès certain.
 

 

            

   LES TITRES
     portrait de Charette (Paulin Guérin - 1819) 
     La jeunesse d'un futur héros ...
     Charette à la tête des hommes de Machecoul                
     Les républicains mettent le turbo
    Une année plus calme
     Les accords de la Jaunaye
     Charette reprend les armes
     La fin d'un homme et le début d'un mythe
 





Portrait de Charette 
(Paulin Guérin - 1819)  

 

 

   LA JEUNESSE DE CHARETTE

le Logis de la ChabotterieFrançois Athanase, est né le 21 avril 1763 au manoir de La Contrie à Couffé (non, loin d'Ancenis). Il est issu d'une famille de la petite bourgeoisie et son père a embrassé la carrière militaire. Son parain, Louis Charette de la Gascherie qui était alors le doyen du parlement de Bretagne l'aurait pris sous son aile. Il lui aurait permis de suivre des études à Angers chez les Oratoriens avant de l'orienter vers la marine.
Charette intègre la marine royale en 1779. De 1780 à 1790, il parcours les mers quand il n'est pas malade (et donc à terre). Entré comme aspirant garde, il atteint le grade de lieutenant de vaisseau. Pendant ces 10 années, ils parcours le monde, effectuant plusieurs campagnes américaines. Il ne se distingue pas particulièrement durant cette période, et en 1790 il quitte la marine, rentre au pays et se marie. Le 25 mai 1790, il épouse Marie-Angélique Josnet de la Doussetière, veuve de 14 ans son aînée, dotée d'une solide fortune et d'une fille de 14 ans. Ils s'installent alors entre Nantes et Brest, Charette multipliant les aventures extra-conjugales.

 


   1793 : CHARETTE PREND LA TÊTE DES HOMMES DE MACHECOUL

En mars 1793, Charette prend le commandement des insurgés de Machecoul.
Lors de l'insurrection, de nombreux républicains sont massacrés. Sous la houlette du procureur Souchu, ces atrocités se répètent et se transforment en extermination systématique. La participation de Charette à ces exactions est sujet à controverse. Il est tout à fait possible qu'il y ait pris part, mais ce n'est pas certain.

Charette ne s'impose pas d'emblée comme le chef militaire de sa région. D'abord basé à Machecoul, il étend peu à peu son commandement au pays de Retz, pour enfin diriger tout le bas Poitou. Le 12 décembre 1793 il est nommé Général en chef de l'armée Catholique du Bas Poitou. Il combat parfois aux côtés des autres armées de Vendée, mais c'est le plus souvent seul, dans son marais, qu'il livre bataille.
Charette, se joint aux angevins lorsque ceux-ci lui en font la demande. Mais entre eux, le courant ne passe pas. Les généraux angevins le traite avec dédain.Lorqu'en juillet, le conseil de guerre place à la tête de la basse-Vendée le marquis de Donnisan qui n'y a jamais mis les pieds Charette est ulcéré. Au mépris, il répond par l'indifférence et s'isole dans les marais.

 


   SEPTEMBRE 1793 : LES RÉPUBLICAINS METTENT LE TURBO

Après sa défaite contre la Prusse, l'armée française, recentre son action sur la Vendée.
Westermann en tête, l'armée républicaine, traque les Vendéens,les massacrant tous sur son passage. Après le massacre du 22 décembre dans le marais de Savenay, Westermann écrit : Il n'y a plus de Vendée [...] j'ai écrasé les enfants sous les pieds des chevaux, massacré les femmes qui au moins pour celles-là n'enfanteront plus de brigands. Je n'ai pas de prisonnier à me reprocher, j'ai tout exterminé.
Continuant le travail commencé par Westermann, Turreau, promu général en chef de l'armée de l'Ouest en janvier 94 débarque à Noirmoutier. Les tragiquement célèbres colonnes de Turreau sont en marche. L'armée républicaine, divisée en colonnes, parcourt la Vendée et y sème la terreur par le fer et le feu.
Les Vendéens qui n'avaient pas encore pris part à la guerre , révoltés par ce génocide, s'enrôlent en masse dans une nouvelle armée vendéenne. Organisés en guérilla avec Charette à leur tête, ils battent Turreau.



   1794 : UNE ANNÉE PLUS CALME

Après la défaite de Turreau, les républicains changent de stratégie. De l'offensive, ils passent à la défensive. Cela laisse le temps à Charette de réorganiser son armée, de se battre un peu et de condamner son grand rival Joly à mort (officiellement pour le ratage de l'attaque de Challans (!!) ) .

 


   FÉVRIER 1795 : LES ACCORDS DE LA JAUNAYE

Le changement de généraux républicains, l'arrivée de Hoche en Bretagne, vont calmer les esprits. Le général Hoche privilégie la paix; il fait cesser les massacres et les pillages et ramène un semblant de confiance chez les insurgés. Dans ce climat plus serein les républicains proposent la paix aux Vendéens. Charette mène es négociations qui débouchent sur les accords de la Jaunaye. Ces accords, négociés au château de la Jaunaye, non loin de Vertou accordent aux insurgés
- la liberté de culte
- le droit pour les prêtres non jureurs d'officier là où ils sont majoritaires
- le gel de la conscription pendant plusieurs années
- l'amnistie aux rebelles
Seul le problème du roi n'est pas réglé.
Les accords de la Jaunaye seront signés en février 1795, par tous, à l'exception de Stofflet.
La paix, en apparence s'installe.
La Vendée semble accepter les accords mais ne rend pas les armes et massacre au passage les républicains qui lui passent sous la main.



   JUIN 1795 : CHARETTE REPREND LES ARMES

Les altercations vont crescendo jusqu'en juin 95 où Charette reprend les hostilités sans consulter Sapinaud ni Stofflet. Il publie un manifeste pour justifier la reprise des combats.
Le 8 juillet 95, le roi Louis XVIII lui écrit de Vérone une lettre dans laquelle il le nomme général de l'Armée Catholique et Royale. En voici un extrait : 
La providence m'a placé sur le trône. Le premier et le plus digne usage que je puisse faire de mon autorité est de conférer un commandement que vous ne devez jusqu'à présent qu'à votre courage et à la confiance de mes braves et fidèles sujets. Je vous nomme général de mon armée catholique et royale. En vous obéissant, c'est à moi qu'elle obéira.

Charette est en contact avec les anglais et prépare un débarquement anglais ainsi que le retour du roi.
Mais le général Hoche, général des armées de Brest et de Cherbourg est meilleur stratège que le Vendéen. Il lui fait mordre la poussière. Le débarquement échoue.

 


   MARS 1796 : LE DÉBUT D'UN MYTHE

L'armée de Charette, traquée par les Républicains est à bout. Le 23 mars, Travot capture Charette, qui, après un procès à Nantes est fusillé le 29 mars.