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Elbée, a été le second généralissime vendéen. Cet homme pieux, apprécié des paysans, a succédé à Cathelineau au plus haut poste de l'armée vendéenne. Entouré de jeunes généraux fougueux et audacieux, il leur a apporté toute son expérience de la guerre et a calmé les esprits. Blessé à Cholet le 17 octobre 1793, il est exécuté à Noirmoutier le 6 janvier 1794. |
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| 1752 : Maurice d'Elbée voit le jour | ||
| 1789 : La révolution se profile | ||
| Mars 1793 | ||
| L'armée catholique se lance dans la bataille | ||
| d'Elbée nouveau généralissime | ||
| Luçon | ||
| Chantonnay | ||
| Torfou | ||
| Cholet ou le début de la fin | ||
| Noirmoutier | ||
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Portrait de d'Elbée (Paulin Guérin - 1827) |
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Le 21 mars 1752, Maurice, Joseph, Louis Gigost d'Elbée naît à Dresde
(Allemagne) d'un père français. Bien que son extrait de naissance ne mentionne
pas le nom de Gigost, on l'appellera souvent ainsi. Il faut remonter au
XVII° siècle pour en comprendre la signification : c'est vraisemblablement
pendant ce siècle que la famille Gigost qui fait alors partie de la petite
bourgeoisie, s'adjoint le nom de d'Elbée. Son nom prend ainsi une tournure
plus aristocrate, comme on aimait en avoir à l'époque ... Chez les d'Elbée, on est militaire de génération en génération. M d'Elbée père, en 1752, est conseiller privé auprès du roi de Pologne à Dresde. Maurice suit tout naturellement la tradition familiale, et, à 16 ans, entre dans l'armée de Saxe. 4 ans plus tard, il revient en France. A 29 ans, il n'est que lieutenant et sa carrière piétine. En 1781, Il demande le commandement d'une compagnie, mais sa hiérarchie la lui refuse. Il décide donc de démissionner. Il possède une ferme dans les Mauges, qu'il a hérité de son grand-père. La maison n'est pas très luxueuse, mais eu-égard à son rang aristocratique, on l'appellera le domaine de la Loge Vaugirard. La ferme est située à St Martin, près de Beaupréau. En 1788, d'Elbée à 36 ans quand il se marie avec Marguerite-Charlotte de Hauterive, qui est de 2 ans son aînée. |
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En 1789, comme bon nombre de vendéens, d'Elbée se sent l'âme
patriote. Très favorable à la démocratie naissante, il propose son aide
financière et physique aux députés angevins et vote l'élection de l'évêque
constitutionnel d'Angers. Mais l'avènement de la constitution civile le
fait revoir ses positions. Le passage en force, le regroupement des paroisses,
l'installation des prêtres jureurs, les cloches que l'on arrache des clochers,
tout cela braque l'opinion et d'Elbée. Il décide, comme beaucoup d'autres
nobles de rejoindre les frères du roi à l'étranger. A Worms (Allemagne),
il est promu aide de camp du général Saulais (en partie grâce à l'aide de
son cousin le chevalier d'Elbée). Mais, il n'a pas grand chose à faire,
et en France sa femme le réclame. Qui plus est, l'état menace de lui confisquer
ses biens. Il demande donc son congé à Saulais et rentre chez lui en avril
1792. D'Elbée passe l'année suivante chez lui, sans prendre part aux débuts de révoltes. Il le sait, il est encore trop tôt ... |
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| Le 12 mars, Mme d'Elbée met au monde son premier fils : Louis
Joseph Maurice. Le lendemain, la conscription de St Florent le Vieil met le feu aux poudres. Stofflet prend la tête des hommes de Maulévrier, et Cathelineau celle du Pin en Mauges. D'Elbée, lui, pense qu'une insurrection n'a que peu de chance d'aboutir et puis, son fils n'a qu'un jour. Mais les paysans de Beaupréau le réclament à leur tête. Sous leur pression, il cède. Il prend Beaupréau, commence par libérer les prisonniers puis marche à la rencontre de Stofflet et Cathelineau. Ensemble, ils enlèvent Chemillé puis Cholet. D'Elbée laisse le commandement aux 2 hommes. Il dispense ses conseils militaires, mais reste en retrait, peu habitué à diriger des paysans braves, mais indisciplinés. L'armée d'Anjou ne cesse de grossir et a besoin d'une structure. D'Elbée et Bonchamps en militaires aguerris en ont conscience et s'y employent. Obligés de composer avec les habitudes de vie des paysans, ils mettent en place une organisation militaire peu orthodoxe, mais qui fera ses preuves et qui restera en place jusqu'à la virée de galerne. |
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D'Elbée, Cathelineau et Perdriau, à la tête de 10 000 hommes attaquent
Chemillé Le 8 avril, d'Elbée, avec Sapinaud et Berrard
signe un Appel à l'Angleterre. Il demande aux anglais des munitions et
des hommes afin de rétablir la monarchie en France. Mais le porteur du
message est arrêté avant d'avoir accompli sa mission, les anglais ne recevront
jamais la missive. |
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Le 19 juillet 1793, l'armée élit le successeur de Cathelineau, mort le
14 juillet. On attendait Bonchamps, et c'est d'Elbée qui est élu. Bonchamps
avait le plus d'expérience, et donc, partait favori. Mais, Bonchamps blessé,
tout comme Lescure, ne peut assister à l'élection. Charette et Joly, qui
sont comme toujours superbement ignorés par les angevins et poitevins
ne sont pas conviés, pas plus que Stofflet. C'est donc un nombre de chefs
restreints qui élit d'Elbée. Comment s'est passée cette élection? Y'a-t-il
eu intrigue de la part de d'Elbée comme l'a écrit la Marquise de la Rochejaquelein?
Sitôt élu, d'Elbée met en place un conseil de guerre basé à dont il devient le président. Le conseil subdivise la Vendée en 4 divisions, chacune sous la direction d'un général : |
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| DIVISION | GÉNÉRAL | Adjoint | |
| L'Anjou | Bonchamps | Autichamp | |
| Le Poitou | Lescure | la Rochejaquelein | |
| Le centre | Royrand | Cumont | |
| La basse Vendée | Donissan | Charette |
Marigny est confirmée à son poste de général de l'artillerie.
| Charette qui, logiquement, briguait le poste de général en basse Vendée,
n'obtient que la place d'adjoint. C'est Donissan, le beau-père de Lescure
qui rafle la mise. Lui qui n'a jamais mis les pieds dans le marais, s'y
retrouve promu général. La nomination a de quoi surprendre... Mais les
généraux angevins et poitevins ont toujours montré beaucoup de dédain
envers Charette et Joly... Frustré par cette décision inattendue, Charette refuse de combattre avec la grande armée et fait sécession avec Joly. Les deux hommes continueront le plus souvent à combattre de leur côté, en basse Vendée, ne rejoignant la grande armée que pour des opérations ponctuelles. |
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| Le 14 août, sur l'insistance de Lescure, d'Elbée lance les Vendéens à l'assaut de Luçon. Charette est venu prêter main forte aux angevins. Les Vendéens ont 30 000 hommes, contre Tunck qui n'en a que 8000. Mais Tunck, en fin stratège et éclairé par un espion, attend les Vendéens. Il connaît leur stratégie et leur fait mordre la poussière. Les vendéens laissent 5000 hommes dans les combats. Pour couronner l'hécatombe, Tunck fusille les prisonniers. C'est une terrible défaite qu'aucun Vendéen ne veut assumer. Les chefs vendéens s'en rejettent mutuellement la responsabilité. | |
| - Lescure a voulu à tout prix cette bataille pour s'ouvrir le chemin de l'océan | |
| - Les hommes de d'Elbée, inexpérimentés en plaine, ont trop tardé | |
| - Les hommes de Charette ont attaqué trop tôt | |
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C'est le premier gros couac dans la grande armée. Il y en aura quelques autres ... |
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| A la tête de l'armée républicaine, Lecomte a remplacé
Tunck. D'Elbée
décide le 4 septembre de lancer la grande armée à l'assaut de Chantonnay.
Une victoire lui permettrait de redorer son blason et de remettre un peu
de baume dans le coeur de ses troupes. Derrière Royrand, d'Autichamp, Lescure, la Rochejaquelein et d'Elbée, 20 000 hommes se lancent à l'assaut de la ville. Dans un bain de sang, ils enlèvent la ville, tuent 1500 républicains et laissent 500 des leurs au bord des chemins. La victoire a été douloureuse, mais elle est là, et c'est à ce moment l'essentiel pour les blancs. Dans la foulée de cette victoire, le conseil de guerre reconduit d'Elbée dans ses fonctions. Il ne fait pas l'unanimité, mais reste néanmoins le chef des blancs. D'Elbée remanie le commandement de son armée. Il prend directement la tête de l'armée d'Anjou et du Poitou. |
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La colonne de Torfou |
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| Le 19 septembre, la grande armée attaque Kléber à Torfou. 40 000 hommes avec à leur tête d'Elbée, Bonchamps, Lescure et Charette combattent à la baïonnette les Mayençais de Kléber. Les hommes de Kléber sont des militaires aguerris qui, à l'inverse des troupes de volontaires, ne sont pas hommes à reculer. Les combats sont acharnés. Au cri de rembarre, rembarre (le cri de guerre vendéen), les vendéens avancent mètre par mètre, et au prix de lourdes pertes. Les Mayençais finissent par céder, laissant la ville et la victoire aux vendéens. Ce jour là, 600 à 1000 cadavres blancs et 1500 à 2000 bleus pavent les rues de Torfou. Pour parachever un tableau déjà rouge de sang, les 2 camps exécutent leurs prisonniers, sans doute ont-ils trop soufferts pour ressentir encore un peu de pitié. | ||
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| Un mois plus tard, les vendéens décident d'attaquer Cholet.
Ils ont déserté la ville, la laissant aux mains de Kléber. Ils veulent y
acculer les bleus pour les prendre au piège à l'intérieur la ville. Ils
sont 40 000 prêts à combattre les 22 000 républicains. Le combat démarre
à l'avantage des vendéens, mais la 109° ligne républicaine met en fuite
les vendéens. Et des 40 000 hommes, seule une poignée ne s'enfuie pas vers
la Loire. 400 hommes demeurent aux côtés de la Rochejaquelein, d'Elbée et
Bonchamps. La bataille est perdue. Bonchamps est mortellement blessé. D'Elbée
est blessé 14 fois à la poitrine. Les 2 hommes sont évacués, Bonchamps à
St Florent et d'Elbée vers Noirmoutier. A propos de cette bataille de Cholet, tournant de l'histoire, Kléber écrira : les rebelles combattaient comme des tigres et nos soldats comme des lions. C'est Pierre Cathelineau, le frère de Jacques qui sort d'Elbée du champ de bataille. Avec 1500 angevins il traverse la Vendée transportant d'Elbée sur un brancard vers l'île de Noirmoutier que détient Charette. |
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| D'Elbée arrive à Noirmoutier le 2 ou 3 novembre 1793. Les émissaires de Charette l'accueillent avec faste et salves de canons. Très grièvement blessé, on l'installe dans une maison avec son épouse. Le 2 janvier 1794, les républicains à la recherche de Charette attaquent l'île. Leurs 7000 hommes s'emparent facilement de la ville. Les vendéens capitulent contre la promesse d'Haxo qu'aucun mal ne leur sera fait. Haxo promet, mais n'écrit pas. Et malgré les protestations d'Haxo, les représentants du gouverneur Prieur et Bourbotte décident d'éliminer de mettre aux arrêts les insurgés. D'Elbée ainsi que les autres chefs vendéens sont faits prisonniers, tandis que 1200 paysans, femmes et enfants sont arrêtés et regroupés dans l'église. Au prétexte de les faire comparaître devant la commission militaire, ils sont conduits 60 par 60 à l'extérieur de l'église et fusillés. Dans le même temps, les hommes de la convention interrogent d'Elbée, et le condamne à mort. Il est fusillé le 6 janvier. Il ne peut pas se lever à cause de ses blessures, aussi est-il été exécuté dans son fauteuil. Son corps, jeté dans les douves, ne sera jamais retrouvé ... | ||
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