Haxo, n'a pas laissé que peu de traces dans les mémoires. Il a pourtant tenu un rôle non négligeable en Vendée, après avoir obtenu ses galons de général à Mayence. Arrivé en Vendée en septembre 1792, il s'illustre à Cholet avant de pourchasser Charette sur ses terres. Il échoue dans son action, mais prend Noirmoutier et le général d'Elbée. 
Outre ses compétences militaires certaines, le plus grand mérite de ce général modéré et intègre est sans doute d'avoir refusé de prendre part aux colonnes infernales de Turreau. Preuve de son humanité.


    LES TITRES
L'enfance de Nicolas Haxo
Début d'une carrière militaire
Retour à la vie civile
Au service de la patrie
La Vendée
Sur les traces de Charette
Turreau arrive en Vendée
La dernière traque
Controverse sur la mort de Haxo                            




   L'ENFANCE DE NICOLAS HAXO
  Nicolas Haxo est né en le 7 juin 1749 à Etival, dans les Vosges. Il est le quatrième garçon de la famille (le 2° décédant dans sa première année). M Haxo père, et greffier de la commune, devient veuf en 1739, il a 2 fils. Il se remarie et a, à nouveau, 2 garçons, le dernier étant Nicolas. 5 mois après la naissance de Nicolas, sa mère décède. 
5 ans plus tard, les Haxo déménagent pour rejoindre leurs cousins dans la ville de Saint Dié. 
7 ans passent. Nicolas Haxo n'a que 12 ans lorsqu'il perd son père. C'est son oncle, avocat à Saint Dié qui prend en charge son éducation. Nicolas qui se destine a une carrière militaire suit sa scolarité dans l'établissement de la ville.


   DÉBUT D'UNE CARRIÈRE MILITAIRE

  C'est en février 1768, alors qu'il a 19 ans que Haxo touche enfin au but. Il intègre la compagnie colonelle du régiment de Touraine Infanterie qui stationne à ce moment là non loin  de chez lui : à Strasbourg. Pendant 9 ans, Haxo suit son régiment à travers toute la France. Il va ainsi stationner à Verberie (dans l'Oise), Lille, Verdun, Nancy, Metz, Montpellier et Allais. Il termine son tour de France à Verdun en 1777, date à laquelle il est démobilisé. Au moment de sa démobilisation, il possède le grade de sergent écrivain.


  RETOUR A LA VIE CIVILE

  Retourné à la vie civile, Nicolas Haxo se reconverti. Il devient conseiller au dans sa ville de St Dié. En 1789, alors que la révolution pointe à l'horizon, Haxo, figure populaire dans la ville,  est nommé commandant de bataillon de la garde nationale de Saint Dié. L’année suivante, il y est promu major général.


  AU SERVICE DE LA PATRIE

  En 1791,Haxo, le patriote , reprend du service. Il s'engage dans une unité de volontaires des Vosges. Promu en octobre lieutenant-colonel, commandant du 3° bataillon des Vosges, il quitte Saint Dié et suit son unité sur le front Est, là où la jeune république est au prise avec les armées de Prusse et d'Autriche. Intégré au sein de l'armée du Rhin, il participe aux sièges de Landau et de Mayence. A Mayence, les troupes françaises, commandées entre autre par Kléber, sont encerclées par les armées ennemies. De mars à juillet 1793, les français résistent, avant de capituler. Pendant ce terrible siège, Haxo ne ménage pas ses efforts, il est récompensé et obtient, le 29 juin, ses galons de général de brigade. 
Cette guerre finie, une autre attend les Mayençais. La France connaît une grave guerre civile dans l'ouest - celle-ci même qui nous intéresse ici :-). Les armées républicaines sur place y sont malmenées et ont le plus grand besoin de renfort. Les Mayençais (nouveau nom de l'armée de 10 000 hommes qui subsiste après la capitulation) sont derechef expédiés, via des voitures réquisitionnées, sur les terres insurgées. 


  LA VENDÉE

  Cette fois, rien à voir avec tout ce qu' Haxo connaît, l’ennemi n’est pas étranger et militaire, mais français et paysan. Il y a urgence en Vendée. Les premiers combats tournent à l'avantage des insurgés. Ces soldats-paysans ont des méthodes peu orthodoxes. Les Mayençais sont décontenancés face à ces hommes braves dont les schémas tactiques ne se trouvent dans aucun manuel. Après de gros revers (Torfou le 19 septembre 1793), les Mayençais prennent la mesure de leurs adversaires. Le rapport de force s’inverse. C’est à Cholet, le 17 octobre que se produit le grand tournant de la guerre. Les Vendéens y attaquent les républicains. Mais ils sont défaits après un long combat. Plus grave pour eux que la défaite, ils perdent dans la bataille de nombreux hommes et 2 de leurs plus grands généraux et stratèges : Bonchamps et d’Elbée, qui sont grièvement blessés. C’est une victoire sans demi-mesure pour les Mayençais et pour Kléber, Marceau et Haxo qui sont à leur tête. La victoire vient de changer irrémédiablement de camp, et les Mayençais n’y sont pas pour rien.
Ce qu’il reste des troupes vendéennes décide alors, à la suite de la Rochejaquelein et Autichamp, de passer la Loire pour porter l’offensive en direction de la Bretagne et de la Normandie. Seul Charette qui n’a jamais été très soudé aux autres généraux vendéens reste sur ses terres. Pour combattre sur ces 2 fronts, l’armée de Mayence se scinde en 2. Marceau et Kléber à la tête du gros des troupes poursuivent les insurgés outre Loire, tandis que Haxo reste sur la rive gauche, à Beaupréau. Il doit d'abord reprendre toutes les armes et tout le combustible abandonné par les vendéens en fuite  pour les renvoyer à Nantes via Cholet. Après quoi, avec une colonne, il prend Charette et ses hommes en chasse et se dirige vers la basse Vendée.


  SUR LES TRACES DE CHARETTE

  La poursuite de Charette mène Haxo, le 2 janvier 1794, aux pieds de Noirmoutier. L’île est aux mains du Vendéen et lui sert de refuge. S’y trouve également le général d’Elbée qui, grièvement blessé à la bataille de Cholet, a été évacué dans ce lieu jugé sûr. Haxo, à la tête de 7000 hommes, s’empare aisément de la ville. Les Vendéens négocient avec lui leur reddition : ils se rendront contre la vie sauve. Haxo qui n’a rien d’un sanguinaire mais est au contraire un républicain modéré accepte. Il aurait ainsi dit aux représentants de l’île : Nous sommes des soldats et pas des bourreaux. Mais Haxo n’est qu’un militaire, et la parole qu’il vient de donner il ne va pas pouvoir l’honorer. Les représentants du gouverneur : Prieur et Bourbotte décident d’une toute autre sentence, et ce, malgré les protestations véhémentes du général Haxo. D'Elbée ainsi que les autres chefs vendéens sont faits prisonniers, comme 1200 paysans, femmes et enfants qui sont regroupés dans l'église. Au prétexte de faire comparaître les prisonniers devant la commission militaire, ils sont conduits 60 par 60 à l'extérieur de l'église et fusillés. Pendant ce temps, les hommes de la convention interrogent d'Elbée, et le condamnent à mort. Ils fusillent 4 jours plus tard le général qui est assis dans un fauteuil parce que ses blessures l’empêchent de se tenir debout.


  TURREAU ARRIVE EN VENDEE

  Après la prise de Noirmoutier, Haxo est chargé de surveiller les côtes ouest.
Pendant ce temps, Turreau, qui vient de prendre ses fonctions en Vendée, met au point sa machine de guerre : les colonnes infernales. On est au plus fort de l'ère répressive républicaine et le veut des résultats. Pour que cesse cette guerre et pour faire taire ces insurgés, il accepte tous les moyens : le feu, le sang, la torture et le viol. Turreau est l'exécuteur de cette philosophie. Ses colonnes infernales en seront le fer de lance. Nicolas Haxo ne partage pas ces idées. Il est un militaire, et c'est les armes à la main et contre des soldats qu'il se bat. Mais il n'en est pas moins sous les ordres de Turreau et est bien obligé d'obéir, au moins dans une certaine mesure. 
Turreau met en place 12 colonnes infernales qui en traversant la Vendée d'est ou ouest vont tout brûler et piller sur leur passage. Il donne l'ordre à Haxo de faire de même avec 8 colonnes qui partiront de l'ouest et iront à la rencontre des 12 autres. Les fuyards se retrouvant in fine pris en tenaille...
Haxo, obtempère. Il constitue donc les 8 colonnes, mais se consacre, plutôt que de malmener la population, à sa tache initiale et toujours d'actualité : la traque de Charette. Haxo et ses hommes ne commettent aucun acte de barbarie. Ils n'ont pas sur le main le sang des femmes, enfants, vieillards et autres habitants désarmés. Leur combat, ils le mènent en soldats. Ils épargneront même des flammes la gentilhommière de Charette à Fonteclose.

   LA DERNIERE TRAQUE

  Après des mois de poursuite, Haxo touche au but le 18 mars 1794. Il est sur les traces de Charette, et avec le renfort attendu de Turreau qui est à Nantes, il est confiant. Le 19, ses hommes sont à portée de fusil de Charette. Il lance alors l'offensive et met les vendéens en fuite au Pont-James. Charette fait partie des fuyards. Haxo se lance à sa poursuite, espérant être rapidement rejoint par les hommes de Turreau. Mais les renforts se font attendre. Le 20 au soir, arrivés dans la ville de Clouzeaux, Haxo et ses hommes font halte dans l'église. Ils y passent la nuit. Mais le lendemain matin, les insurgés cernent l'église. Haxo monte alors en haut du clocher pour évaluer la situation. C'est là qu'il reçoit une balle dans le bras. La situation est catastrophique. Haxo choisit de prendre la fuite pour tenter d'échapper aux vendéens. Poursuivi, il est bientôt rattrapé par une douzaine de Vendéens. Ce qui se passe alors, on n'est pas très sûr. Il existe 2 versions des derniers moments d'Haxo.


  SUICIDE OU PAS ??

  - Haxo meurt au combat:
Haxo se défend à l'aide de son sabre, mais un Vendéen dénommé Arnaud, armé d'un fusil à baïonnette le vise et l'atteint au ventre. Il s'écroule mortellement blessé. En tombant à terre il aurait dit : "Est-ce assez malheureux de mourir par les mains d'un tas de brigands comme ceux-là ?"

- Haxo préfère se suicider que tomber entre les mains ennemies:
Haxo, plutôt que de tomber entre les mains ennemies préfère se suicider. Le rapport officiel dira qu'il s'est brûler la cervelle.

Laquelle de ces 2 version est exacte ? Impossible à dire. La version suicide arrangeait fortement Turreau et les républicains. Elle dédouanait Turreau qui était arrivé beaucoup trop tardivement pour épauler Haxo et l'avait laisser lancer seul son offensive. Il est probable qu'avec l'aide de Turreau, l'issue des combats eut été différente. 
La version d'Haxo mort au combat quand à elle arrangeait les Vendéens. Ils retiraient plus de gloire à avoir abattu le général républicain qu'à l'avoir laissé se suicider sous leurs yeux !

En l'absence de témoin républicain, ce fut la thèse du suicide qui fut retenue.
C'est ainsi que pour l'histoire, Haxo s'est brûlé la cervelle pour éviter de tomber entre les mains ennemies.



 




PLAQUE APPOSÉE
A L'ENTRÉE
DE LA MAIRIE D'ETIVAL

UN GRAND MERCI

à l’association de la commune d’Etival-Clairefontaine : Les amis de l'Histoire
Ces amateurs de la petite histoire d'ETIVAL(2400 habitants) ont édité un fascicule
sur la vie du général Haxo, natif de la commune.
L'association m’a fournie de précieux renseignements sur le général républicain,
ainsi que les photos ci-dessus.
Pour toute information concernant Etival ou l'association Les amis de l'histoire,
contactez :  Jpierre.toussaint@wanadoo.fr
 

 

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