Hoche est le général qui est venu à bout de la Vendée. Cet homme intelligent et d'une exceptionnelle honnêteté a servi son pays avec abnégation. A 25 ans, il était général, commandant en chef de l'armée de Moselle. Deux ans plus tard, il mettait fin à la guerre civile en pacifiant la Vendée et la Bretagne. Toujours respectueux de ses hommes, de la discipline et dans le respect de ses adversaires, il a su mettre fin au conflit vendéen. Il meurt de maladie à 29 ans alors qu'il sert encore et toujours son pays, cette fois en Prusse.

 
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Le procès verbal de la cérémonie funèbre du champ de Mars.
Le discours du Président du Directoire et le panégyrique.
     source : site de la bnf gallica

 



       LES TITRES
Une enfance modeste
Débuts militaires
Le front Est
Dunkerque
La Moselle
La Moselle - Tentative n°2
1794 : la Vendée
Les accords de la Mabilais
Juillet 1795 : Le débarquement anglais
Deuxième et dernière tentative anglaise           
Fin 1795 : La pacification
La fin d'une guerre
Mort prématurée





   UNE ENFANCE MODESTE
  Lazare Hoche est né le 25 juin 1768 dans le faubourg de Montreuil à Versailles. Son père est palefrenier aux écuries royales. Alors qu'il n'a pas 5 ans, sa mère meurt en mettant au monde son frère mort né. Son père confie alors son éducation aux frères de St Germain en Laye et à son beau-frère, prêtre dans un commune voisine. En 1774, Lazare part habiter chez sa tante qui tient un commerce à Versailles. Il y devient commis et reçoit en échange de la nourriture et un toit. Mais le jeune Hoche n'a pas la fibre commerçante; comme son père il aime les chevaux, et à 14 ans, il fait son entrée aux écuries royales comme aide palefrenier.


   DÉBUTS MILITAIRES
  A 16 ans, le 19 octobre 1784, il s'enrôle dans l'armée comme fusilier dans la . Rentré sans grade, il travaille avec acharnement pour combler son retard scolaire. Passionné de lecture mais aussi bon vivant, il partage ses soirées entre les livres et les fêtes. Doué, il l'est également sur le terrain. Et son travail et son acharnement sont rapidement récompensés. Lui, le roturier parti de rien, se retrouve en 1789 sergent des grenadiers aux gardes-françaises.
Le 31 août 1789, son unité est dissoute. Il perd de fait son emploi, et s'engage immédiatement dans la garde soldée de la Fayette. Cette nouvelle armée qui officie comme police municipale offre un emploi à tous ceux que la disparition des gardes-françaises ont laissé sur le carreau. C'est là son seul attrait, car la fonction de pseudo CRS n'a rien de très passionnante. Jusqu'en janvier 1792, il réprime les manifestations, s'interpose entre royalistes et républicains. Il quitte sans regret la garde soldée pour le 104° régiment de ligne où il est promu adjudant sous-officier.


   LE FRONT EST
  En juin, Hoche est lieutenant au 58° régiment d'infanterie, à Thionville (Lorraine). Sous les ordres du général Wimpffen, il défend la ville contre les prussiens. Les français tiennent bon et, alors qu'ils sont en infériorité numérique (6000 contre 16000), prennent l'ascendant sur leurs adversaires. La victoire française de Valmy met fin aux combats, les prussiens quittent Thionville le 1er octobre.
Hoche est ensuite nommé dans l'armée des Ardennes. Il est sous les ordres du général le Veneur, avec lequel il se lie. Les deux hommes ont un profond respect l'un pour l'autre et resteront amis après que leurs routes ne se séparent. Le Veneur aura un rôle de mentor pour ce jeune homme plein de talent.
Rapidement Hoche devient commissaire des guerres. Il est chargé de l'intendance. Les troupes françaises crient famine et Hoche, avec des méthodes sans doute pas très avouables et aidé d'un régiment, ravitaille les troupes en nourriture. Le 3 mars 1793, il devient l'aide de camp du général. Il part à Paris pour plaider la cause de son armée auprès du comité de salut public et demander des vêtements, des chaussures, de la nourriture et des munitions. Hoche dans toute sa carrière aura le soucis de ses hommes. A son retour de Paris, le Veneur est mis aux arrêts (en ce temps là, le comité écrit la grande histoire de la terreur, il arrête, suspecte et décapite à la moindre rumeur ...). Hoche défend son général et se retrouve lui aussi derrière les barreaux. Il en sort le 23 août, blanchi.


   DUNKERQUE
  Nommé à Dunkerque, dès son arrivée, Hoche met en place son organisation. Avant d'établir des plans de bataille, il règle les problèmes d'intendance.
assurer des conditions de vie décentes pour ses hommes (nourriture - vêtements - chaussures)
discipliner les rangs
s'entourer des meilleurs éléments
Il punit l'insubordination, limoge les incompétents et promeut les plus méritants. Son équipe sur le pied de guerre, il décide alors de la tactique à adopter.
Pour bloquer le Duc d'York et ses hommes, il fait inonder les terres qui entourent la ville. Dans le même temps, il effectue des sorties avec ses hommes et ne laisse aucun répit aux anglais. Sa stratégie porte rapidement ses fruits, les anglais en déroute sont contraints de s'enfuir.
Fort de cette victoire, le comité de salut public le promeut le 13 septembre 1793 général de brigade, puis le 23 octobre général de division.
A 25 ans, il devient général commandant en chef de l'armée de Moselle.


   LA MOSELLE
  Arrivée en Moselle, Hoche commence comme toujours par régler les problèmes d'intendance. Il y a pénurie de vêtements et de chaussures, les hommes portent des habits légers et n'ont pas tous des chaussures. En plein hiver, dans les Vosges, ça vous fait perdre une guerre ! A Paris le Comité ordonne à Hoche de reprendre Landau que l'armée du Rhin a dû abandonner en octobre. Hoche préfèrerait laisser passer les froideurs de l'hiver et se donner le temps d'établir un plan d'attaque. Mais quand le comité ordonne, les généraux qui tiennent à leur tête exécutent. Hoche lance donc ses hommes à l'assaut de Landau. Les conditions de la victoires n'étaient pas réunies (doux euphémisme), et Hoche essuie un sévère échec. Ses choix stratégiques étaient discutables, et associé à une méconnaissance du terrain, au froid et au manque d'effectif, il était logique qu'il perde cette bataille. En période de Terreur, cette défaite aurait pu lui coûter la vie, mais le Comité de salut public apprécie ce jeune homme fougueux et lui conserve sa confiance.


   LA MOSELLE - TENTATIVE n°2
  Après ce premier échec, Hoche modifie son plan de bataille. La victoire se dessine alors. Il prend Weissembourg et libère Landau.
Il est pressenti pour commander les armées du Rhin et de la Moselle. Mais Saint-Just qui préférait nommer Pichegru à ce poste, le dénonce au comité de salut public. Et le voilà qui passe du statut de héros à celui de prisonnier !
Emprisonné à la conciergerie, Hoche attend de monter sur l'échafaud. Ce jeune homme de 26 ans, jeune marié, ne doit la vie sauve qu'à la chute de Robespierre. Il recouvre alors la liberté.


   1794 : LA VENDÉE
  En août 1794, il est rappelé à la tête des armées de Brest et de Cherbourg pour pacifier la Vendée. La tâche est difficile. La chouannerie, guérilla bretonne a remplacé la grande armée regroupée derrière ses généraux. Sur place, Hoche trouve une armée républicaine indisciplinée, désorganisée et immorale. Il commence par remettre de l'ordre dans la maison avant d'élaborer sa stratégie. Elle sera double : sociale et militaire. Les temps en changé, la chute de Robespierre et la fin de la terreur sont passés par là. Le retour à la paix est dans l'air du temps, et Hoche abonde en ce sens. Plutôt que de tuer du chouan, il s'attache à pacifier la région. Il fait des propositions au comité de salut public en ce sens :
  • Indemniser les paysans ralliés à la cause républicaine.
  • Enrôler de force les paysans royalistes, pour les éloigner de leur terre.
  • Amadouer les prêtres, par l'argent ou par les sentiments.

Hoche agit sur tous les terrains, remarquablement.

  • D'un point de vue militaire, son armée organisée en camps et unités mobiles quadrille la région et prévient les actions de la guérilla.
  • D'un point de vue humain, Hoche calme les esprits. Plutôt que de faire couler le sang, il cherche le retour à paix, au sein de la république. Pour sortir de cette guerre il essaie de redonner sa dignité à l'adversaire pour qu'il puisse en sortir la tête haute.

La paix gagne du terrain, les chouans cèdent au découragement., et reviennent à des idées de paix. Les insurgés, au bord de la famine comptent de plus en plus de désertions. C'est dans ce contexte que s'ouvrent les discussions de paix entre républicains et insurgés. Coté vendéen, Charette mène les négociations.  Hoche ne croit pas à ces négociations. Il ne pense pas que Charette souhaite vraiment signer une paix durable. Il le soupçonne de ne chercher qu'un peu de répit, le temps de restructurer son armée avant de repartir de plus belle, ce en quoi il a raison...
Le 15 février 1795, républicains et royalistes signent les accords de paix de la Jaunaye. Ces accords de paix, ne seront pas suivi dans les faits. Stofflet, le grand rival de Charette pour la suprématie  de l'insurrection vendéenne, exclu de la négociation, refuse de le signer. Quand à Charette, à peine a-t-il apposé sa signature, qu'il prépare un nouveau soulèvement.  Mais Hoche veille ...


   LES ACCORDS DE LA MABILAIS
  Du côté chouan, la paix aussi se discute. En avril des négociations s'ouvrent entre républicains et chouans (le baron Cormatin, le comte de Puisaye). Les motivations chouannes sont identiques à celle de Charette : gagner du temps pour préparer le débarquement anglais. Hoche, tout comme pour les accords de la Jaunaye, y est hostile. Cela n'empêchera pas l'accord d'être conclu le 20 avril 1795. Les chouans acceptent de déposer les armes, de reconnaître la république. Ils obtiennent en échange la liberté de culte, la dispense de conscription et 1 500 000 livres d'indemnités. Cet accord n'est signé que par 22 chouans (plus Stofflet qui appose sa signature le 2 mai). Les manceaux, Cadoudal et Frotté refusent de le signer. Un mois plus tard, après que le pacte ait été maintes fois transgressé, l'accord est rompu.


   QUIBERON : LE DÉBARQUEMENT ANGLAIS
  Le 26 juin 1795, les chouans préparent à Carnac un débarquement anglais. Hoche, prend aussitôt ses dispositions et lance la contre-offensive. Il demande et obtient du comité de salut public 12 000 hommes en renfort ainsi que des vivres. Il déploie ses régiments tout le long de la Bretagne, occupant ainsi tout le territoire, et poste un régiment de 8000 hommes à Sainte Barbe, en attente des insurgés. La confrontation a lieu le 6 juillet. Elle tourne à l'avantage des républicains qui repoussent les assaillants britanniques dans le fort de Penthièvre. Après une attente de plusieurs jours, et des combats sporadiques, Hoche décide de lancer l'offensive de nuit. Malgré la résistance des vaillants anglais, le fort tombe le 20 juin au mains des républicains.
Après ce succès, Hoche obtient le commandement de toute l'armée de l'ouest, et remplace aussitôt le général Canclaux à Nantes.


   DEUXIÈME ET DERNIÈRE TENTATIVE ANGLAISE
  Les anglais, après leur premier échec, reviennent au large des côtes françaises, prêts pour un 2° essai. Les républicains, sans certitude, pensent qu'ils choisiront la Vendée pour accoster. Hoche, fort de ses 44 000 hommes met sa stratégie en place. Il déploie ses hommes le long de la Sèvre nantaise pour couper Charette des armées du centre et de l'Anjou. Il devance les anglais sur la plage de l'île d'Yeu, les empêchant de débarquer. Dans le même temps, il répond aux attaques de Charette, qui, enfoncé dans les terres essaie de faire diversion.
Mais, Hoche s'est bien préparé, il a suffisamment d'hommes et les a disposé efficacement. Il mouche la rébellion, et le 15 novembre 1795 , les anglais s'en retournent chez eux ...


   FIN 1795 : LA PACIFICATION
  Sans aide de l'extérieur, la cause royaliste est perdue. Hoche, maintenant en position de force, peut passer à l'étape suivante : pacifier la Vendée.
Comme toujours il agit scrupuleusement, avec un plan rigoureux et infaillible.
Il déploie ses hommes, circulairement, en petites unités, qui ratissent méthodiquement tous les villages.
Dans chaque village les républicains demandent la restitution des armes, avec présentation du registre d'enrôlement tenu par la paroisse. Pour faire pression ils prennent en otages des notables, puis réquisitionnent les bêtes et le grain. Tout cela est fait sans violence. Quand les armes sont restituées, les otages sont libérés, et le bétail et le grain sont rendus (après prélèvement d'un impôt pour nourrir les troupes de la république !).
Il commence sa pacification par la Basse Vendée, pour ensuite remonter jusqu'en Anjou et en Bretagne.
La pacification se déroule sans heurt. Il n'y a aucun débordement, les royalistes qui sont toujours bien traités acceptent de rendre les armes.
Le Directoire, convoque Hoche à Paris et après exposition des faits, lui accorde toute sa confiance, et plus encore. Il le promeut commandant supérieur des 3 armées, réunies sous le nom de Armées des côtes de l'océan.
A son retour de Paris, Charette et Stofflet ont repris les armes. Hoche envoie le général Travot et ses grenadiers aux trousses de Charette. Après moult tentatives, Travot capture Charette le 23 mars. Après un procès à Nantes le général vendéen est fusillé le 29 mars 1796.


   LA FIN D'UNE GUERRE
  Après la mort de Charette les Vendéens rendent les armes. Hoche termine la pacification en Anjou et en Bretagne. Le 15 juillet 1796 le Directoire annonce que les troubles dans l'Ouest sont apaisés, et ce, grâce à l'action de Hoche. Hoche reçoit par la même occasion les honneurs de la patrie.

A la conquête de l'Irlande
Après sa belle réussite vendéenne, Hoche prend la mer, pour aller faire la révolution en Irlande, et rendre la monnaie de leur pièce aux anglais. Mais les conditions climatiques sont contre lui. Il échoue face à la tempête.
Le 23 février 1797, il prend la tête de l'armée de Sambre et Meuse, forte de 80 000 hommes. Il commence par remanier l'armée, y remet de l'ordre et stoppe les trafics en tous genres. Face aux autrichiens il marche triomphalement vers Vienne. L'armistice de Leoben signée entre Bonaparte et l'Autriche le stoppe dans son avancée.


   MORT PRÉMATURÉE
  Hoche, meurt le 19 septembre 1797 à Wetzar (Prusse) à l'âge de 29 ans, d'une tuberculose. Certains ont parlé d'un empoisonnement, ce qui apparaît peu plausible...
Les honneurs militaires lui sont rendus. La Vendée de son côté organise des funérailles d'honneurs à la mémoire de celui qui y a ramené la paix.
 
 

Extrait de l'éloge funèbre prononcé par le président du directoire :
[...] Qui plus que moi doit en effet déplorer sa perte! Il fut le sauveur des miens. Oh toi qui fermas l'horrible plaie dont furent affligés si longtemps le pays qui m'a vu naître et celui qui m'honora de son suffrage, génie tutélaire, envoyé par le ciel dans nos contrées pour y éteindre le feu de la discorde et y tarir la source de nos larmes, reçoit, par mon organe, l'hommage de mes compatriotes désolés!..... Ils connaissent leur infortune; et de toutes parts, dans les champs mélancoliques de la Vendée et sur les riantes collines de Maine-et-Loire, ton nom se prononce au milieu des sanglots, et l'écho le répète e gémissant ! [...]





Angers (49)