Lescure, était un homme d'une très grande piété. Surnommé le Saint du Poitou, il a servi la cause vendéenne avec courage et dévouement. Son entêtement et son manque de discernement ont pourtant conduit les Vendéens à la défaite, à Luçon puis à Clisson. Lescure n'était pas le stratège le plus éclairé qu'aient connu les Vendéens, mais il fut un bon général, tant qu'il ne décida pas lui même des plans de batailles...

LES TITRES
La jeunesse du Marquis
Les Tuileries
La Rochejaquelein au secours de son cousin
Châtillon
Luçon et Clisson : 2 défaites au passif de Lescure            
La fin est proche
 












Portrait de Lescure
(Robert Lefèvre - 1818)
        Portrait de Lescure (Robert Lefèvre - 1818)




  LA JEUNESSE DU MARQUIS
Louis-Marie de Salgues, Marquis de Lescure est né le 16 octobre 1766 à Paris. Il entre à l'école militaire à 13 ans pour en ressortir 3 ans plus tard. Sans doute traumatisé par l'attitude d'un père enclin au jeu et au libertinage qui lui laissera d'énormes dettes, il adopte une attitude toute contraire. Il est pieux à l'extrême, d'une très grande rigueur et d'une austérité sans pareil.
Le 27 octobre 1791, il épouse sa cousine Marie-Louise-Victoire Donissan qui deviendra plus tard la marquise de la Rochejaquelein (elle épousera en seconde noce le frère du généralissime) et dont les mémoires sont restées célèbres.


  LES TUILERIES
En février 1792, il part à Paris avec sa femme et son cousin Bernard de Marigny. De là ils ont l'intention de rejoindre les frères du Roi en exil. Mais sur place, ils changent d'avis et décident de rester pour protéger le roi si nécessaire.
Le 10 août 1792, le peuple attaque les Tuileries. Lescure est alors à son hôtel. Accompagné de Marigny, il tente de porter secours au roi et de  pénétrer dans le château des Tuileries, en vain. Toutes les portes sont tenues par des piquets de la Garde Nationale. Il est contraint de rebrousser chemin.
Le lendemain, alors qu'il ne fait pas bon être aristocrate et royaliste à Paris, Lescure et sa famille décident de rentrer à Bressuire. Grâce à son ancien gouverneur et ami Thomassin il obtient de faux passeports. Munis de ceux-ci et accompagné de Thomassin, il parvient, non sans difficultés, à franchir les très nombreux contrôles
Dans son château de Clisson (rien à voir avec la ville de Clisson en Vendée, ce château se trouve à Boismé en Deux-Sèvres), Lescure accueille ses cousins Marigny et la Rochejaquelein (présent lui aussi aux Tuileries le 10 août)  qui  ne sont plus en sécurité chez eux. 
En avril 1793, suspecté de sympathies royalistes, il est arrêté et incarcéré chez l'officier munipal de Bressuire avec sa femme, son beau-père (le marquis de Donissan), et Marigny. La Rochejaquelein, reparti un peu plus tôt, échappe à l'arrestation.


  LA ROCHEJAQUELEIN AU SECOURS DE SON COUSIN
C'est ce même la Rochejaquelein qui, avec l'armée du Poitou dont il a pris la tête et l'armée d'Anjou qu'il a rejointe, vient délivrer les prisonniers. A l'approche des insurgés, les Républicains prennent la fuite, en oubiant leurs prisonniers... Sitôt libre, Lescure rejoint la grande armée. A la tête des hommes de Bressuire, il est de toutes les batailles, toujours aux avant-postes. Le 5 mai à Thouars Carte des combats, le 25 à Fontenay le Comte. A Fontenay, sa répartie à la Ville de Baugé est restée célèbre; après que l'assaut ait été donné, ses hommes s'arrêtent pour prier au pied d'un calvaire; la Ville de Baugé lui demande de les faire avancer. Lescure aurait alors répondu : Laissez-les prier, il se battront mieux.. Il est blessé le 9 juin, pendant la bataille de Saumur. Le lendemain, il élit le 1er généralissime : Cathelineau. Le 29, juin, pendant que les Vendéens attaquent Nantes, il reste en repli en Deux-Sèvres pour stopper Westermann. Mais pendant que Cathelineau se meurt à Nantes, il peine face à Westermann. Obligé de reculer d'abord à Parthenay, il lâche le Bois- aux-Chèvres puis .

 

  CHÂTILLON (MAULEON)
Le 5 juillet, les Vendéens défaits à Nantes se replient sur leurs terres, et sur le chemin du retour attaquent Westermann par surprise. Aux ordres de Bonchamps et derrière Lescure et Marigny, les Vendéens se battent 3 jours durant contre les républicains. Au prix de combats acharnés, les insurgés reprennent la place mettant en déroute quelques 12 000 républicains. Marigny dont la pitié n'était pas le fort, poursuit les fuyards et sabre ceux qui sont à sa portée. Lescure, qui est un homme juste et qui n'a jamais fait coulé le sang par plaisir, s'interpose. Avec beaucoup de difficultés, il arrête son cousin. Lescure ce jour là méritait son surnom de Saint du Poitou ...
 
  

  LUÇON ET CLISSON
Le 30 juillet, les Vendéens lancent une offensive sur Luçon. Les généraux Vendéens ne sont pas d'accord sur la stratégie à adopter. Lescure est têtu, il réussi à imposer son plan auquel pourtant personne ne croit. Et force est de constater que le plan n'est pas bon. Les Vendéens ne peuvent tenir leurs positions, et face au républicain Thunk, finissent par reculer. Lescure qui n'est pas un grand tacticien a une large responsabilité dans cette défaite. Elle va d'ailleurs ternir son image, jusqu'alors sans tache.

Le 19 septembre, Lescure et les Vendéens, sous le commandement de Bonchamps remportent une belle victoire à Torfou.
2 jours plus tard, d'Elbée, en accord avec Bonchamps décide d'attaquer Clisson. Pour ce faire, il requiert la présence de Charette et de Lescure. Les 2 généraux doivent rejoindre Bonchamps pour prendre à revers les Mayençais à Clisson. Mais Lescure et Charette préfèrent attaquer St Fulgent et régler leur compte aux républicains qui cantonnent dans la région. Le temps de faire mordre la poussière aux bleus, les 2 généraux en oublient de prêter main forte à Bonchamps et d'obéir aux ordre de leur chef : d'Elbée. Du coup, Bonchamps et ses hommes prennent une veste ...
C'est la deuxième fois que Lescure avec ses plans d'attaque plonge les Vendéens dans la défaite...

 
  LA FIN EST PROCHE

Au côté de Charette, le 22 septembre, Lescure enlève la ville de Saint-Fulgent.
Le 15 octobre, pendant qu'il attaque la Tremblaye (près de Cholet), il reçoit une balle à la tête. La balle d'un Vendéen semble-t-il. Qui a dit gardez-moi de mes amis ... ? Non, non, ce n'est pas lui...
Après la défaite de Cholet du 17 octobre, bien que mourant, il suit les Vendéens outre Loire. Il ne peut pas marcher, et, c'est traîné dans une berline qu'il accompagne les Vendéens à travers la virée de Galerne.
Le 19 octobre, le conseil de guerre se réunit à Varades pour élire le nouveau généralissime, en remplacement de d'Elbée grièvement blessé pendant la bataille de Cholet. Lescure propose Henri de la Rochejaquelein. Sa proposition est adoptée.

Il meurt des suites de ses blessures le 4 novembre 1793 sur la route entre Ernée et Fougères. Le service funèbre a lieu le lendemain dans la ville de Fougères. Son corps est enterré près d'Avranches, en pleine nuit, pour éviter que les républicains ne le retrouvent et l'exhument.
Sa dépouille ne sera jamais retrouvée.
Cerizay (79)




 

Stèle érigée à l'entrée du château de Clisson, propriété de Lescure, à Boismé (79) par le Souvenir Vendéen.
A la mémoire du Général Vendéen DE LESCURE
LE SAINT DU POITOU et des héroïques soldats du pays Bressuirais
1793