Stofflet a été un chef militaire de première importance bien qu'il n'ait pas réussi à s'imposer comme patron de l'armée catholique et royale. Ses hommes le craignaient plus qu'ils ne l'aimaient. Il était intelligent, bon militaire mais était aussi dur, froid et ambitieux. Après la mort des leaders, il chercha à devenir le nouveau généralissime. Mais la division des chefs ajoutée à son manque de qualités humaines ne lui permirent pas d'obtenir le poste tant convoité...


LES TITRES
Stofflet devient le garde chasse du marquis de Colbert
Stofflet prend la tête des hommes de Maulévrier
Stofflet et ce qu'il reste d'insurgés poursuivent les combats       
Quand les insurgés s'entretuent.
La garde meurt mais ne se rend pas ...




   STOFFLET DEVIENT LE GARDE CHASSE DU MARQUIS DE COLBERT

Au débuts de la révolution Stofflet est en total désaccord avec les principes révolutionnaires. Son passé militaire et ses positions anti-révolutionnaires le portent naturellement aux avant postes de la fronde. Le 13 mars 1793, il est le premier, avec Cathelineau à prendre la tête des insurgés. Il prend le commandement des hommes de Maulévrier, attaque Vezins et rejoint Cathelineau pour avancer sur Cholet. Il est à noter qu'il est le seul roturier (avec et encore Cathelineau) à se hisser au commandement de l'insurrection. Au coeur de l'armée d'Anjou, aux côtés des autres généraux : Cathelineau, Bonchamps, d'Elbée, il est de toutes les batailles, et en ce début de guerre, de toutes les victoires. En juillet il devient logiquement général de l'armée d'Anjou.

En octobre, après la défaite de Cholet, et avec ce qu'il reste de l'armée d'Anjou, il franchit la Loire. C'est cette période de combats en Bretagne et en Normandie que l'on appelle la virée de galerne. Les combats se soldent par plus de défaites que de victoires. Quand le Marquis de Donissan et le Prince de Talmont veulent s'enfuir à Jersey, Stofflet s'y oppose. Le 16 décembre, après l'hécatombe du Mans Stofflet passe à nouveau la Loire, il rentre chez lui avec la Rochejaquelein.

 

   STOFFLET ET CE QU'IL RESTE DES INSURGES POURSUIVENT LES COMBATS
En janvier 1794, Turreau devient le nouveau commandant en chef de l'armée de l'Ouest. Il met en marche ses colonnes infernales qui mettent à feu et à sang toute la Vendée. Stofflet et la Rochejaquelein essaient de reformer l'armée d'Anjou avec ce qu'il reste d'hommes. A la tête de l'armée, et avec l'abbé Bernier à ses côtés (beaucoup verront en Bernier le véritable cerveau, Stofflet ne faisant qu'appliquer les idées du prêtre), Stofflet n'arrive pas à devenir populaire. Il est certes un bon militaire mais sa rudesse et son manque d'humanité en font un chef plus craint qu'aimé. Avide de pouvoir, il s'oppose sans cesse aux autres chefs insurgés, Marigny, Sapinaud et Charette. Il cherche à s'imposer comme le chef Vendéen, mais n'y parvient pas.

 

   QUAND LES INSURGES S'ENTRETUENT
Le 25 juin 1794 le conseil de guerre auquel appartient Stofflet condamne à mort Marigny pour trahison. Le chef d'inculpation ne tient pas la route, mais qu'importe. Marigny, comme Charette et Stofflet, briguait le poste de généralissime, et pour eux l'essentiel est d'évincer un concurrent, non de rendre justice ...
Sous leur pression le conseil vote la condamnation à mort de Marigny. L'armée de Stofflet, de passage dans le bocage le 10 juillet, se charge de capturer Marigny et de le faire exécuter. Il semble que derrière Stofflet ce soit une fois encore l'abbé Bernier qui ait agit. Une fois encore, son ambition démesurée lui fait tirer les ficelles et ordonner que la sentence soit exécutée. Car si Stofflet et Charette ont voté la mort de Marigny, ils semblent qu'ils étaient prêt à surseoir à l'exécution. Marigny avait perdu sa superbe, et c'est là tout ce qu'ils souhaitaient...

L'exécution de Marigny va porter un coup aux forces vendéennes. L'armée poitevine après l'exécution de son chef ne rallie pas Stofflet. Sans doute l'a-t-il espéré, mais c'était faire preuve d'une grande naïveté... Comment aurait-il pu se joindre au bourreau de leur général ?
Sans se rallier à la cause républicaine, les Poitevins vont dans leur grande majorité cesser le combat, laissant Stofflet avec encore moins d'hommes qu'auparavant ...

 

   LA GARDE MEURT MAIS NE SE REND PAS
En févier 1795, il est le seul chef insurgé à refuser de signer les accords de la jaunaye. Mais trop isolé il s'y résout le 2 mai 1795. Charette rompt les accords dès le mois de juin. Stofflet le suit 7 mois plus tard. Il reprend les combats fin janvier, après en avoir reçu l'ordre du chevalier de Colbert, émissaire du . Ce même jour, il reçoit la croix de Saint-Louis et est élevé au grade de lieutenant-général. Le 26 janvier il appelle ses soldats à reprendre les armes en ces termes :
" Braves amis, le moment est venu de vous montrer. Dieu, le roi, le cri de la conscience, celui de l'honneur et la voix de vos chefs vous appellent au combat. [...] Les braves soldats que, pendant deux années, j'ai conduits au combat ne deviendront jamais républicains; jamais le déshonneur ne flétrira les lauriers qu'ils ont moissonnés.[...]  "
Bien que Stofflet y ai mis les formes, il n'y croit plus. Son armée ne comporte que 400 hommes et Hoche le talonne...
Le 22 février, il rencontre à la Saugrenière (sur la commune de la Poitevinière) des insurgés bretons et normands pour mettre sur pied une entente entre les armées insurgées. La réunion est interrompue dans la nuit et remise au lendemain. Stofflet et ses hommes restent dormir sur place dans la métairie.
Les bleus, avertis de la présence d'insurgés à la Saugrenière y envoient un détachement de 250 hommes. Au petit matin, ils déferlent dans la métairie et y capturent plusieurs insurgés, dont Stofflet.
Stofflet est conduit à Angers et traduit devant le conseil de guerre. Reconnu coupable d'avoir été pris les armes à la main, il est condamné à mort. La sentence est exécutée le jour même, à 10h sur le champ de mars.
Face à ses bourreaux, Stofflet aurait refusé le bandeau en ces termes : Sachez qu'un général Vendéen n'a pas peur des balles. Et il aurait ajouté : Vive la religion, vive le roi .
Sa tête tranchée au sabre est transportée tel un trophée à travers toute la ville.